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Mardi, 26 Janvier 2021 11:47

Naguère inavouées et inavouables, les écoutes téléphoniques se sont banalisées dans notre pays pendant la décennie Aziz. A tel point qu’elles sont devenues presque normales. Et, en l’absence de débat d’idées sur la scène politiques, nos citoyens, de tous les niveaux, souvent inconsciemment, se délectent à se passer les enregistrements, réalisés frauduleusement, sur les réseaux sociaux et sur l’application WhatsApp.

On se rappelle encore des écoutes téléphoniques, réalisées contre des opposants installés à l’étranger ou plus tard contre un sénateur rebelle ou même contre des pontes du régime du président Aziz. Le phénomène est devenu si répandu et fréquent que personne ne le remet plus en cause ou ne le dénonce. Pire l’ancien régime le présentait tacitement comme une grande réalisation qui procure respect et considération au système.

Curieusement rien n’a changé après le départ du président Aziz du pouvoir. Au contraire la cadence des ‘’fuites’’ des enregistrements s’est accrue, particulièrement au sujet de l’affaire de la décennie pendante entre les mains de la justice. Les personnes citées dans cette affaire et à leur tête l’ancien président Aziz cherchent, à travers de récents enregistrements, à discréditer les résultats de l’enquête parlementaire jusqu’ici bien appréciés dans l’opinion…

Ce débat que des parties essaient de provoquer sur la commission d’enquête parlementaire, à travers l’enregistrement d’entretiens téléphoniques de certains de ses membres, occulte l’essentiel : le scandale des écoutes téléphoniques.

Condamnées par la foi, l’éthique, les principes élémentaires de la démocratie et sanctionnées par la loi, ces pratiques d’un autre âge constituent une violation flagrante des droits inaliénables du citoyen. L’opinion nationale doit comprendre le danger et dénoncer la réalisation de ces écoutes en dehors de toute autorisation ou contrôle de l’autorité judiciaire.

Quant au gouvernement, il a le devoir d’arrêter de toute urgence ces pratiques, de poursuivre leurs auteurs et, surtout, de savoir leur origine. Est-ce qu’il s’agit des opérateurs téléphoniques ou plutôt s’agit-il de la sécurité d’Etat ?