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Samedi, 29 Février 2020 19:55

Face à la prolifération d’enregistrements sur la toile et sur les réseaux sociaux d’audio et vidéos, franchement nauséabonds, et de réunions ostentatoires d’ensembles tribaux, le pouvoir est entré brusquement dans le jeu pour taper sur la table et rappeler à l’ordre ceux qui ont dépassé les lignes rouges : l’unité nationale et les valeurs sacrées de la société mauritanienne.

Le ministre de l’Intérieur, apparemment à l’aise dans la gestion de son département, entouré de ses collaborateurs civils et sécuritaires, a tenu un point de presse, jeudi dernier, dans les locaux de son ministère.

Le ton ferme et l’allure grave, il a rappelé que ‘’l’Etat est apte à garantir la sécurité de tous les citoyens et de leurs biens, dans le strict respect des libertés qui n’a d’égal que notre détermination à faire respecter la loi et à garantir la sécurité et la quiétude nationales’’.

Deux jours auparavant, le ministère de l’Intérieur a publié une circulaire qui interdit l’organisation des réunions tribales et qui interdit à l’administration de délivrer des autorisations à de telles manifestations, devenues avec le temps, presque naturelles.

Cette intervention ou ce rappel à l’ordre du ministre de l’Intérieur tombe à point nommé, tant on n’entend plus que les voix des extrémistes de tout bord qui redoublent d’activisme et de présence nuisible sur une scène politique carrément désertée par la classe politique traditionnelle perdue ou en berne depuis l’arrivée de Ghazouani au pouvoir.

La nature ayant horreur du vide, l’espace politique resté vide a été occupé par des acteurs indésirables qui n’ont autres thèmes à proposer que le populisme et la démagogie. Il incombe au pouvoir, le cas échéant, d’occuper l’espace à travers le lancement de larges concertations nationales afin de répondre aux questions posées et de combler le vide…