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Mercredi, 16 Mai 2018 09:45

Le constat relève de l’évidence : notre paysage politique donne du tournis à tous les commentateurs.

Dimanche dernier (13 mai), le forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU) organisait une marche et un meeting à Nouakchott qui ont attiré un monde fou. Une affluence si forte qu’elle a surpris les organisateurs de la manif qui avouent qu’ils n’ont jamais pu, dans le passé, atteindre un tel degré de mobilisation.

Quelques semaines auparavant, nous avons assisté à la première phase de la campagne de réimplantation de l’UPR qui, elle aussi, semblait être une grande réussite. En effet, jusqu’à la dernière minute, des foules, brandissant leurs cartes d’identité, se bousculaient devant les bureaux d’enregistrement du parti-Etat. Résultat : plus d’un million d’adhérents à l’UPR ! Tout simplement le double du chiffre des militants déclarés lors du dernier congrès du parti…

Alors, peut-on se baser sur la forte mobilisation des uns et des autres pour tirer des conclusions par rapport à l’ancrage de l’un des deux camps au sein de l’opinion ? Certainement pas dans la mesure où, électoralement, politiquement et idéologiquement, l’affichage chez nous peut ne pas correspondre à un engagement réel et irrévocable. Surtout du côté du pouvoir qui a les moyens de punir ou de récompenser.

Si tel est le cas, que chercheraient donc les protagonistes de la scène politique ? Juste, peut-être, à impressionner et ne pas laisser l’autre occuper seul le terrain… C’est une sorte de débat -de sourds- à distance qui pollue la situation du pays et qui dure déjà depuis plus d’une décennie. Sans apporter de nouveau…

A la veille des prochains scrutins électoraux, l’opinion publique, souvent déçue, sans cesse frustrée mais toujours enthousiaste, s’attend pourtant de nouveau à des miracles venant de sa classe politique.

Des miracles qui vont dans le bon sens : Celui de l’intérêt général d’un pays frappé par une sévère sécheresse doublée d’une crise économique aigüe et de menaces de fractures sociales dangereuses.

Malheureusement, les interpellations des proches d’opposants en exil et les perquisitions perpétrées contre leurs domiciles à Nouakchott ne poussent point à l’optimisme.