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Jeudi, 18 Janvier 2018 11:36

Au lendemain de son retour des Emirats, le président Aziz a désigné une commission, composée en grande partie de ministres de l’actuel gouvernement, pour, dit-on, rédynamiser l’UPR, le parti-Etat à la veille des échéances électorales en perspective (Législatives, Municipales, régionales). La mise en place de cette structure met en évidence la lecture étrange que le président Aziz fait de la situation franchement problématique du pays qu’il semble, en effet, réduire au bras de fer qui oppose le président de l’UPR au chef du gouvernement.

Certes le profond différend entre le parti-Etat, sensé être au pouvoir, et le gouvernement qui, logiquement, émane de lui, commençait à prendre une allure bien personnelle qui ne sert ni le système, ni son chef dans la mesure où beaucoup de monde commençaient à douter de son autorité et, surtout, de sa capacité à contrôler ses troupes. Certains observateurs voient déjà dans la mesure annoncée une manière de trancher le problème en faveur du président du parti. Donc sur le compte du premier ministre qui serait désormais assis sur un fauteuil éjectable…

Même si les déchirures au sein de la majorité fragilisent dangereusement la situation déjà précaire du pays, elles ne constituent pas pour autant le problème le plus urgent dont souffre la Mauritanie qui est frappée cette année par une sécheresse sans précédent, une crise économique aigüe, un chômage galopant, une crise politique vieille d’une décennie… et, surtout, une absence réelle de perspectives.

Il n’est peut-être pas important ou pas urgent –du moins pour le moment- de revenir sur qui est responsable ou qui ne l’est pas de cette situation dangereuse dans laquelle se débat le pays. L’urgent est plutôt d’essayer de le sauver en lui évitant de sombrer dans l’irréparable. Cette responsabilité incombe d’abord à la classe politique confondue : pouvoir et opposition qui se regardent en chiens de faïence depuis plus de dix ans.

Timidement le FNDU a, dans son dernier communiqué, laissé entrevoir une volonté, nouvelle chez lui, de participation aux prochaines échéances électorales. Qu’est-ce qui l’empêche de prendre son courage de deux mains et d’appeler ouvertement à une rencontre avec le chef de l’Etat ?

De son côté le pouvoir doit vaincre sa logique d’accaparement de tous les espaces et comprendre qu’il a intérêt à s’ouvrir sur ses adversaires politiques en vue de pacifier la scène politique et préparer l’avenir dans la quiétude et le calme.