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Vendredi, 04 Août 2017 20:18

Habillé tout en blanc et portant des lunettes noires, Mohamed Ould Abdel Aziz, plus agité que jamais, a présidé, jeudi dernier, à Nouakchott ‘’le grand’’ meeting de clôture de sa campagne pour le ‘’Oui’’.

A ses côtés, à la table d’honneur, il y’avait la première dame, un poste bien nouveau du protocole qui la fait passer avant le premier ministre, elle qui joue désormais un rôle de plus en plus visible dans le dispositif de gouvernement de son mari.

 

Il y avait également Boidjel Ould Homeïd, président du parti Wiam et représentant de cette entité politiquement hybride qui est présentée par Aziz comme étant l’opposition ‘’responsable’’. Celle qui obéit scrupuleusement aux ordres du chef, défend ses orientations et l’applaudit plus fort que la majorité…

Cette dernière était représentée parle président du parti Vadila, Ould Cheikh Ebimaali, un mélange de chef spirituel et de politicien opportuniste qui se positionne toujours du bon côté. C'est-à-dire celui du pouvoir…

Côté organisation, rien n’a été laissé au hasard : Un haratine au micro pour faire la liaison, un autre pour lire le Coran, des enfants de militaires ‘’tombés sur le champ de bataille’’, une foule en nombre qui, selon Boidjel, n’a pas eu de pareille dans l’histoire du pays (sic). Oubliés les gigantesques rassemblements populaires organisés en l’honneur de son maitre pendant vingt ans, Taya…

Apparemment dopé par la grande foule, Aziz, toujours violent dans ses propos, appelle à un « oui massif » avant de s’adonner à son sport favori : accuser l’opposition de vouloir « créer le chaos dans le pays » et s’attaquer aux ‘’traitres’’ sénateurs de «cette chambre dangereuse pour l’avenir du pays et de sa démocratie ».

Les révélations annoncées à l’ouverture de la campagne sont reportées à plus tard, même s’il a évoqué furtivement le feuilleton aussi ahurissant que condamnable des enregistrements obtenus frauduleusement à travers le piratage de téléphones de certains opposants.

A part les attaques violentes contre ses adversaires absents, coupables à ses yeux de tout ce qui est arrivé, arrive ou arrivera de malheur au pays même s’ils n’ont jamais géré le pays contrairement à presque tous ceux qui s’asseyaient à côté de lui à la tribune d’honneur, le discours de Aziz se limitait à des slogans creux sans grande signification…

Il faut toutefois accepter que notre semblant de démocratie, boiteuse depuis ses débuts, n’a jamais atteint un degré aussi bas que pendant cette période où l’administration, sans scrupule ni vergogne, s’engage de manière ostentatoire et honteuse dans la propagande vulgaire pour le régime. Ses agents sont soumis à toutes les pressions et sont contraints, au risque tout simple de perdre leurs emplois, de crier ‘’Oui’’, eux et leurs familles. Sans parler des médias publics réduits à servir bêtement la propagande officielle à longueur de leurs programmes…

Pour tout le monde ces agissements jettent une lumière crue non seulement sur la volonté du régime de Aziz de mettre fin à toute voix discordante mais aussi sur sa propension à se placer au dessus des lois. Un comportement propre à accentuer une crise politique déjà profonde avec tout ce que cela comporte de risques de dérapage pour notre pays.