Editorial Imprimer
Samedi, 22 Juillet 2017 17:14

Depuis quelques jours des enregistrements circulent sur le Net et provoquent beaucoup de bruit au sein d’une certaine opinion. Ils ont été apparemment tirés des téléphones portables du sénateur Ould Ghadda restés entre les mains des gendarmes de Rosso pendant presque un mois. Ces derniers n’ont malheureusement eu aucun scrupule à accéder à la messagerie WhatsApp du sénateur et d’en rendre compte… aux hautes autorités de l’Etat qui se délectent d’espionner tout ce qui bouge dans le pays.

Il s’agit de deux enregistrements parvenus jusqu’ici à la presse et publiés tel quels sans enquête ni investigation, ni indication sur leur origine comme l’exigent l’éthique et la déontologie. Ces fameux enregistrements rendent compte de deux conversations entre le sénateur Ghadda et une autre personne appelée ‘’Mohamed’’ qui est le donateur à deux figures connues de l’opposition d’une somme cumulée de moins de deux millions d’ouguiyas.

Cette fuite orchestrée à la veille du démarrage de la campagne pour le référendum semble avoir comme seul et unique objectif de porter atteinte à la réputation de l’opposition boycottiste ‘’coupable’’ de recevoir l’aide d’autrui. Ce qui est loin d’être un vice rédhibitoire dans la mesure où l’exercice de la politique, chez nous, que ce soit du côté de l’opposition ou de la majorité, est financé, en grande partie, par les dons.

Ensuite, il est important de s’arrêter sur cette affaire pour noter qu’elle révèle un véritable scandale d’espionnage qui n’agrandit ni ses auteurs ni ses commanditaires. Tous doivent répondre de leur forfait devant la justice.

Enfin si ce ‘’Mohamed’’ dont on parle dans les enregistrements est l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou qui vit en exil depuis quelques années, il serait malhonnête d’omettre sa générosité - évaluée en milliards ; en maisons et en voitures - en faveur des hommes de ce régime. Celui-ci a déjà arrangé généreusement les pontes du pouvoir et continuent même de le faire pour certains parmi eux sans que cela provoque de commentaires.

Vouloir aujourd’hui faire un scandale autour de moins de deux millions d’ouguiya dépensés et octroyés dans les normes dénote d’un manque réel d’imagination et d’arguments. En fait c’est le degré zéro de la manipulation…