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Mardi, 24 Janvier 2017 11:13

‘’Ancien président en exercice de l’Union africaine’’, ‘’Président en exercice de la Ligue arabe’’, ‘’Médiateur dans les crises ivoirienne, libyenne et malienne…’’, Mohamed Ould Abdel Aziz est présenté, depuis son intervention ‘’heureuse’’  dans la crise gambienne, par ses partisans et par les médias publics mauritaniens comme un superman autour duquel s’ordonne ou tourne le reste du monde.

 

 

A longueur des journées, la télévision et la Radio nationales, qui ont abandonné leurs sujets favoris (audiences et voyages officiels, courrier du chef de l’Etat, séminaires, météo…), ne parlent que de la réussite ‘’éclatante’’ de la médiation de Aziz qui a ‘’permis de préserver la paix civile dans la région ouest africaine’’ –et même dans le monde- au malheur de ceux qui poussaient la zone vers la’’ guerre et l’abîme’’. Une allusion à peine voilée au voisin sénégalais qui avait mobilisé un dispositif militaire important pour faire plier Yaya Jammeh et réaliser le ‘’boulot’’ qui s’impose chez son petit voisin gambien.

 

Les professeurs de l’Université de Nouakchott, les hommes politiques, les intellectuels, les oulémas du pays, la diaspora mauritanienne en Afrique et dans les pays du Golfe…, tout ce monde rivalisait dans l’appréciation, souvent exagérée, de la prestation du président Aziz dans la résolution de la crise post-électorale gambienne. Au même moment où on l’accuse dans les milieux de l’opposition de s’être envolé au secours de ‘’quelqu’un de sa race, un dictateur’’ afin de lui trouver une porte de sortie.

 

Au-delà de ce que pensent les partisans et les opposants de la médiation de Aziz en Gambie, il important de préciser certaines vérités :

La première est que l’allié de la Mauritanie n’est pas Yaya Jammeh mais plutôt la nation gambienne. Que le Sénégal est un pays voisin, frère et ami avec lequel on est condamné à s’entendre pour le bien de nos deux peuples. Il n’est donc pas judicieux, ni rentable pour la Mauritanie de se brouiller avec lui pour des considérations d’humeur.

 

Enfin, on ne peut pas laisser passer cette opportunité sans rappeler au président Aziz, qui vante les vertus de l’entente nationale chez les autres, de balayer devant sa porte pour rendre crédible la leçon qu’il tente d’administrer aux gambiens…