Lettre du Doyen Mohamed El Moustapha Ould Bedredine Imprimer
Vendredi, 20 Décembre 2019 06:58

Au Président de la République

Monsieur Mohamed Ould  Cheikh El Ghazwani

Je viens solliciter, Monsieur le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazwani pour me permettre  de vous adresser trois remarques assorties de trois propositions.

-         La première remarque est celle qui préconise que le Président de la République est tenu en vertu  de l’article 2 de la loi 054-2007 en date  du 18 septembre 2007 relative à la transparence financière de la vie publique, de déclarer ses biens  personnels et ceux  de ses enfants mineurs, et ce juste après le serment et avant la prise de service.

Cette obligation est portée aussi sur les membres du gouvernement et  certains hauts responsables (article 3 de la loi). Cette procédure a été suspendue durant la décennie passée volontairement pour laisser cours à la gabegie et la justifier comme mode de gouvernement.

A ce jour le Président de la République n’a pas encore déclaré ses biens   personnels, et non plus les cadres  du gouvernement concernés.

Et pourtant  ça fait quatre  mois que le Président a prêté  serment  et exerce ses pouvoirs et responsabilités. Je vous propose Monsieur  le Président  d’accomplir cette noble obligation au plus vite possible. Ainsi  vous évitez qu’on vous considère la continuité du pouvoir passé dans ses mauvaises pratiques.

-         La deuxième remarque concerne les revendications populaires :  accorder la grâce à certains citoyens et les réhabiliter dans leurs droits spoliés arbitrairement, sanctionnés pour leurs positions dans l’opposition au système.

J’ai suivi votre réponse à ce sujet (dernière manifestation réclamant  ces droits), selon laquelle les personnes ayant des réclamations  doivent s’adresser  aux autorités compétentes.

Selon l’avis attribué à un haut responsable de la Présidence de la République, ces dernières les instances de la justice logiquement.

Ma remarque à ce niveau est que les victimes de ces habits sont de trois ordres.

-         Le premier groupe : poursuivis en justice avec des dossiers vides d’éléments pouvant permettre leur jugement. Mais la justice ne veut pas déclarer explicitement la clôture de leurs dossiers.

Pour les causes, Monsieur le Président, vous connaissez mieux les raisons …

Dans ce groupe, on cite  Messieurs Mohamed Ould Bouamatou, El Moustapha Ould Imam Chaafi et Mohamed Ould Debagh.

Le deuxième groupe : Les concernés sont sans dossiers au tribunal  ailleurs. Elle comprend Hanefi Ould dehah , Sidi Ali Ould Belamech, et les jeunes Oulad Leblad. Seule la présidence est compétente sur ce cas.

-         Le troisième groupe est formé. Selon mes informations – d’une seule personne Mamouni Ould Moctar licencié sans droit de l’agence  Mauritanienne de l’information (AMI), depuis plus de huit ans.

Ce qui le passe à la retraite, après 34 ans  de service.

Au tribunal, il a gagné à tous les niveaux contre l’Etat :  au tribunal de travail au tribunal de la Cour, suprême.

A la fin, il a obtenu un jugement exécutoire en sa faveur  pour dommages  et intérêts.

Hélas, ce jugement est resté lettre morte jusqu’à présent, Monsieur le Président, ces trois groupes vivent leur calvaire à cause de décisions prises par le Président de la République, seul compétent pour leur cas. Hier c’était  Mohamed Ould Abdel Aziz et depuis, le 1er Aout 2019 un autre président, sur lequel les citoyens fonde beaucoup d’espoir pour réparer l’arbitraire. C’est le Président  Mohamed Ould Cheikh El Ghazwani et il est le seul aussi responsable de réparer les situations abusives et arbitraires  des citoyens. Personne d’autre n’a cette possibilité.

Mon conseil est de prendre vos responsabilités et engager les décisions de justice pour les concernés. C’est d’ailleurs ce genre de mesure qui est de coutume au niveau  international, à savoir une déclaration de grâce  annoncée par  le Président de la République dans des situations pareilles.

La troisième  remarque ne passe pas souvent dans les revendications  que j’ai suivies, malgré  qu’elle occupe l’esprit d’une grande partie des citoyens : depuis les événements d’Inal, les événements dramatiques d’Inal 1990, à l’occasion de la célébration du 28 Novembre, 28 officiers et soldats ont été exécutés sans aucun jugement. En plus leurs familles ignorent la où ils sont enterrés.

Depuis lors, nous assistons, en Mauritanie à deux climats pour célébrer  la fête de l’Indépendance. Un climat dirigé, organisé par le système avec la majorité des citoyens caractérisé par la joie, le sourire, la fierté du fait qu’il s’agit de l’indépendance  et de la liberté. Un autre  climat différent pour une importante partie des citoyens et surtout  les negro-africains caractérisé par la tristesse et la douleur. Veuves et orphelins des victimes se manifestent cette journée du 28  novembre et avec eux ceux qui partagent avec eux leurs douleurs. Notons que ces derniers augmentent de jour en jour réclamant l’équité.  Monsieur  Le Président, le Président de la république est le Président de tous les mauritaniens sans tenir compte de leurs races, leurs régions.

Etant donné que vous avez célébré l’anniversaire de l’Indépendance, et c’est votre devoir, je vous propose de faire un geste envers ces citoyens  pour rassurer que vous êtes là pour tous les mauritaniens, et que leur joie est la votre et leur tristesse est la votre aussi. Et je vous laisse, Monsieur le Président le soin de choisir la forme de ce geste.

Salam Aleikoum

Mohamed El Moustapha Ould Bedredine Secrétaire Général du Parti  Union des Forces de Progrès  (UFP)  Ancien Député