Sellahi récupère son passeport Imprimer
Mardi, 05 Novembre 2019 17:53

Enfin, Mohamedou Ould Sellahi, le célèbre prisonnier mauritanien de Guantanamo, privé de ses documents d’état civil depuis vingt ans, a récupéré son passeport, hier lundi (4 novembre), auprès de l’agence de l’état civil. C’est une grande victoire qui récompense une bataille longue et acharnée de tout le monde des droits de l’homme, menée, de main de maître, par l’infatigable défenseur des droits de l’homme : Me Brahim Ould Ebety.

Le dénouement de cette affaire a commencé la semaine dernière lorsque le ministère des Affaires étrangères a convoqué Sellahi pour lui annoncer la possibilité d’avoir son passeport s’il déposait une nouvelle demande à l’état civil. Il s’y est rendu directement, a déposé son dossier pour l’acquisition de son passeport et a reçu une décharge qu’il devrait finalement apporter le 04 novembre pour récupérer ses documents de voyage. Ouf de soulagement pour lui, pour sa famille et pour toute l’opinion. Mais comment en est-on arrivé là ?

Face aux portes hermétiques des différents services de l’Etat qui refusent systématiquement de lui délivrer des papiers d’état civil, il décide de s’adresser à la justice pour recouvrer ses droits. Une plainte contre le ministère de l’Intérieur est déposée auprès de la chambre administrative près la Cour suprême. Celle-ci confie l’affaire à l’un de ses conseillers qui allait, de l’avis des avocats de la défense, la traiter avec professionnalisme et détachement à tel point qu’il mettait les deux parties, le ministère de l’intérieur et le plaignant, au même pied d’égalité.

L’audience de la chambre administrative fut fixée au lundi (4 juillet). C'est-à-dire la même date que celle du rendez-vous de l’état civil pour récupérer son passeport. Me Ebety, satisfait du traitement du dossier, informe la Cour, qui a mis en délibéré son jugement, qu’il maintenait ses demandes si son client n’allait pas recevoir ses papiers. Le dénouement arrivera en début d’après midi lorsque l’ancien prisonnier 760 –son numéro à Guantanamo- a réceptionné de ses mains propres le fameux sésame derrière lequel il court depuis sa libération en octobre 2016.

Pas d’interviews ni de conférence de presse. Juste une déclaration écrite dans laquelle il remercie tout ceux qui l’ont soutenu dans son épreuve et exige des excuses du gouvernement mauritanien pour sa famille et pour lui.

Marié à une hollandaise qui vit en Allemagne et père d’un seul garçon, Ahmed, Sellahi s’apprête à quitter le pays pour se rendre à l’étranger où, semble-t-il, il serait au rendez-vous avec la réussite : réalisation de film sur son histoire et publication des ses mémoires…