Me. Yezid attire l’attention : Imprimer
Vendredi, 04 Août 2017 15:17

Objet: Communiqué Mauritanie

Chère Madame,

Je suis un avocat mauritanien. J'ai pris connaissance de votre communiqué publié à Genève et daté du 3 août. Nous sommes ravis et rassurés de vous voir appeler le gouvernement mauritanien au respect des droits individuels et collectifs et des engagements internationaux de la Mauritanie.

Je voudrais vous informer que selon les informations sur place, M. Biram, président de l'ONG IRA a été blessé cet après-midi lors d'une charge de police alors qu'il manifestait pacifiquement. Il a été transporté à l'hôpital mais les forces de l'ordre auraient également effectué une charge contre l'hôpital lui-même.

Les forces démocratiques de l'opposition manifestent contre le projet de référendum puisqu'il a été décidé par le Chef de l'Etat de manière inconstitutionnelle par le recours à l'article 38 de la constitution qui n'est pas applicable en l'espèce. Toute révision de la constitution doit être obligatoirement approuvée par l'Assemblée nationale et par le Sénat, chacun à une majorité qualifiée des 2/3. Or, le présent projet de référendum avait été rejeté par le sénat.

Le Chef de l'Etat a voulu malgré ce rejet imposer le référendum et convoquer directement les électeurs en se fondant sur des dispositions de la constitution qui ne sont pas applicables en l'espèce. C'est pourquoi l'opposition dénonce ce référendum anticonstitutionnel et manifeste pacifiquement tous les jours.

A la lecture de votre communiqué, on penserait que le référendum est régulier et que c'est seulement le traitement des manifestations qui ne l'est pas. Or, l'opposition manifeste justement pour que le référendum, qui viole la constitution, soit abandonné. Merci de votre compréhension et de votre engagement en faveur du droit.