Voter “Oui” et mourir Imprimer
Mercredi, 26 Juillet 2017 12:10

Voter ''Oui'' et mourir

 

Par Abdoulaye Ciré Bâ

 

Je ne suis pas convaincu que les poissons pourrissent d’abord par la tête, mais je sais avec certitude que c’est par l’âme d’abord que les humains pourrissent.

Il y a un lien d’évidente parenté entre un projet fangeux, aux objectifs inavouables, et les serments et proclamations qu’il suscite, qui mêlent l’absurde, le grotesque et la banale stupidité, et qui s’abreuvent aux sources du vil opportunisme, de la basse flagornerie et de l’atrophie morale.

Mais il faut pousser loin la veulerie et l’ingratitude pour ne plus se suffire de dépeupler l’océan de ses résidents naturels pour la consommation locale et l’exportation, mais mobiliser les poissons et toutes les bêtes de la mer pour un “oui” “exclusif” à des amendements constitutionnels décriés. Et cela, sans se soucier de la mort certaine de dizaines de millions de ces concitoyens marins qui auront expiré dès la première nageoire posée sur la plage (mieux vaut ne pas songer au sort des pauvres céphalopodes inscrits sur les listes électorales d’Aïn Bentili ou d’Adel Bagrou).

Des dirigeants de la Fédération nationale des pêches et des poissons, est-il besoin de dire qui sont les moins intelligents ?

Seul intérêt de la banderole de la FNP, ceux qui hésitaient encore à faire l’effort d’aller “referender” le 5 août ont maintenant un solide argument aqueux s’abstenir de tout déplacement : il y a assez de poissons dans la mer pour engloutir quatre ou cinq sénats et une bande de notables, et dessiner sur les vagues vertes d’algues deux resplendissantes bandes rouges.