Louleid et ses amis: Nouvelle opposition radicale ? Imprimer
Dimanche, 11 Octobre 2009 17:37

Dans une déclaration rendue publique, jeudi dernier, l’Alliance des Forces Nationales (CFN), nouvelle coalition formée par le Rassemblement Pour la Mauritanie (RPM) et l’Alternative, réclame la formation d’un gouvernement transitoire d’Union Nationale (GTUN) pour gérer la Mauritanie jusqu’en 2011, date prévue pour l’organisation des  prochaines élections législatives,. Ce gouvernement d’union, dont la formation est souhaitée par les amis de Louleid Ould Wedad et de Mohamed Yehdhi Ould Moctar Hacen (figures marquantes du PRDRS sous le règne de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya) aurait un mandat de deux ans incompressibles et serait soumis à un  cahier des charges contraignant, afin de remettre de l’ordre dans le fonctionnement d’un pays qui se débat dans une profonde crise aux dimensions multiples : politique, économique, sociale et sécuritaire.
Une tourmente qui n’a pas trouvé sa solution dans l’accord de Dakar du 2 juin 2009 sur la base duquel les candidats de l’opposition (Rassemblement des Forces Démocratiques- RFD,  Front National pour la Défense de la Démocratie- FNDD et l’ancien chef de l’état, Ely Ould Mohamed Vall) ont participé au scrutin présidentiel du 18 juillet dernier.
Un deal entre les  trois principaux  pôles  nationaux à travers lequel les Mauritaniens étaient invités à conjurer ensemble les dangers d’une situation « instable » aux développements incertains et présentant de gros risques de dérapages, selon la déclaration du CFN).
En fait, tout reconnaissant la « légitimité » du nouveau pouvoir,   les anciens dignitaires du PRDS et leurs amis politiques estiment que le président Mohamed Ould Abdel Aziz et les hommes qui l’entourent ne sont pas en mesure, à eux seuls, de faire face aux défis qui interpellent la République dans tous les domaines.
D’où la référence à une précédente déclaration, publiée au début du mois d’août dernier, et qui affirmait que la Mauritanie vivait « une situation complexe et précaire » qui requiert la mobilisation de toutes les énergies nationales pour conjurer le mauvais sort.
Les auteurs de cette déclaration sont d’anciens alliés de Mohamed Ould Abdel Aziz, qui avaient accompagné la fronde des parlementaires à partir de juin 2008 et le coup d’état d’août 2009.
La « rupture » entre la majorité actuelle d’un côté, l’Alternative et le RPM, de l’autre, a été consommée lors de la formation de l’Union pour la République (UPR), cheville ouvrière de la majorité actuelle.
A la base du divorce, une « différence » d’option et surtout une querelle de leadership qui a amené les compagnons de l’ancien directeur de cabinet de Taya à la conviction que le général, auteur de deux putschs et prétendant à la magistrature suprême, n’était forcément l’homme de la situation, vu le contexte du pays.
D’où l’inscription de la nouvelle coalition dans une sorte de nouvelle opposition radicale qui la pousse à considérer les sénatoriales partielles du 8 novembre prochain comme un non événement (même si cela n’est pas dit de manière formelle, la déclaration du jeudi ne semble accorder aucune importance particulière à cette échéance au moment ou le FNDD et le RFD décident de se jeter dans la bataille).

Quels échos dans les autres chapelles ?
Après analyse de la déclaration du CFN, la  question essentielle est de savoir la nature de l’accueil que pourrait lui réserver les autres forces politiques à la fois au sein de la majorité et de l’opposition.
Le président de l’UPR, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine  a donné une réponse indirecte, à la proposition de la nouvelle coalition. Il a choisi le cadre du Centre International des Conférences de Nouakchott (Palais des Congrès), à l’occasion d’une cérémonie célébrant l’intégration du parti TEMAM à sa formation, pour donner une réplique enveloppée dans une langue de bois conforme aux usages de la classe politique mauritanienne. Le président de l’UPR a tout juste invité l’opposition à prendre part à la construction de la nouvelle Mauritanie, point barre. Echo vraiment allusif par rapport à la demande pressante de la CFN. Du côté de l’alliance informelle  FNDD/RFD qui a décidé de prendre part aux sénatoriales en dépit de toutes les récriminations, on devrait certainement prêter une oreille attentive à la proposition de la nouvelle coalition. Réaction normale dans la mesure où l’instauration d’un dialogue national demeure une revendication constante de ces deux acteurs.

En plus les amis de Messaoud Ould Boulkheïr et Ahmed Ould Daddah émettent sur la même longueur d’onde que cette nouvelle frange de l’opposition sur la lecture de l’accord de Dakar en termes d’échec.

Cheikh Sidiya