Maurichronique : “Dépose le couteau, s’il te plait’’… Imprimer
Jeudi, 18 Décembre 2014 12:27

…’’Je connais bien les gens ici. On n’a jamais puni pour un crime sérieux. Même moi,  dans mes envolées de droiture, je n’ai puni que pour des larcins. Et, je n’ai  pas puni, ça il faut que je  te le dise, pour les larcins. Attends. Attends que je finisse ! Je n’ai pas puni, quand j’ai puni, des voleurs, j’ai puni de concurrents. Est-ce clair dans ta tête ?  Tu as déjà assez d’immobiliers aux Iles Canaries, à Dubaï, au Maroc.
En plus, je te cède le pays, tout entier.     Ou presque.  Je n’interviens plus que très peu dans les nominations. J’ai laissé ça pour toi, pour ton père, pour ta fille et pour son époux. Moi, je suis en train de sécuriser. Sécuriser les affaires. Tu sais que je sais bien comment faire. La sécurité, c’est mon fort. J’ai gagné la confiance de l’Occident grâce à cet atout. La sécurité, c’est pareille.

Qu’elle soit pour un pays, un président ou l’argent, c’est le même principe. Et moi, je sais faire.  Au cours de mes différents voyages, j’ai entrepris quelques options pour ça. J’ai un peu tâté les sri-lankais. Une banque là-bas,  une autre, ici, à partir de laquelle les mouvements de fonds seraient plus faciles.

Notre fiston suit ça de près. Toi, concentre-toi sur le gouvernement et les nominations aux charges publiques. Je vois que ça marche bien pour toi. Mais, il ne faut pas te faire avoir, il faut fixer tes prix : à chaque poste son prix. Et, il faut toujours exiger l’avance de l’intégralité du montant.

Tu as vu, tu t’en souviens, ce que j’ai fait avec l’autre, l’ex chef d’Etat Major de la gendarmerie national ? Je l’ai réhabilité en contrepartie de la cession d’un important lot de son patrimoine foncier. Je n’oublie pas ça.

Il ne faut pas dire que je suis un ingrat. Je ne suis pas un ingrat. Je n’oublie pas ce que ton père a fait pour moi. Mais, s’il te plait, dépose le couteau. On peut discuter sans couteau. Pas besoin de crier, il y a les petits gardes, qui sont là. Baisse ta voix.

Je vais te donner une malle. Calme-toi. Je vais te donner l’une des malles d’euros. Deux, c’est impossible, on ne pourra pas honorer nos engagements avec les sri-lankais. D’accord, dépose le couteau. Une autre malle en dollars. Je vais te la donner. Mais, dis à notre fille, s’il te plait, de dire à son mec de diminuer le prix de sa charcuterie. Ses prix sont excessifs. Il va lui offrir, la charcuterie ? Tu en es sûre ? C’est bien, ma fille, ma fille, ma fille’’…

Mouna Mint Ennas