Edito n° 790 Imprimer
Jeudi, 16 Avril 2015 11:49

Le feuilleton des visitations présidentielles aux régions de l’intérieur du pays continue. Après les deux Hodhs et l’Assaba, le président Aziz s’est envolé lundi matin pour atterrir à Zouerate, capitale de la région minière du Tiris Zemmour. Une ville qui peine encore à se relever des suites de la plus longue grève (plus de deux mois) jamais déclarée au sein de la société nationale minière, le poumon économique de la cité. Pour ne pas dire de tout le pays.
Il est accompagné par une cohorte de ministres et de conseillers qui n’ont strictement aucun rôle ni aucune mission à jouer pendant la visitation.

Juste des figurants pour les besoins de l’image de la télé nationale qui déploie, au même titre que les autres organes publics, tous les talents de ses reporteurs, habitués à la tâche, afin de donner un sens à un déplacement qui n’a réellement aucun sens.

Comment peut-on comprendre que le président, ses ministres, ses laudateurs et ceux, nombreux, qui ont fait le voyage à partir de Nouakchott et des autres villes du pays… que tout ce monde mette d’énormes moyens pour assister juste pour assister à la visite d’un centre médical, d’une école mal foutue, de la distribution de ballons de foot à des enfants ou de l’octroi de lettres d’attribution de terrains dans un pays très vaste, désertique et peu habité.

Une image qui renvoie aux princes des temps anciens qui prennent leurs pays en propriété privée et distribuent la richesse nationale à leur guise en cadeaux à leurs sujets obéissants. Cette manière, très archaïque, d’exercer le pouvoir demeure présente chez nous en ce début du XXIème siècle.

Quand est-ce que le préside Aziz va-t-il comprendre que la mission des gouvernements est de construire des hôpitaux, bâtir des écoles, distribuer l’électricité et l’eau et bien d’autres choses.

Et qu’il ne fait pas de miracle si son gouvernement arrive, parfois, à remplir cette mission ?
Quand est ce qu’il comprendra que la Mauritanie connait actuellement une période grave de sécheresse ajoutée à un effondrement des cours du fer, une détérioration de nos réserves en devises et, surtout, le développement des particularismes de tout genre au sein de l’opinion ? La fuite en avant et les petits arrangements de circonstance ne suffiront pas à surmonter ces difficultés réelles.