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Editorial

Dialogue. C’est le mot, le slogan ou le concept le plus usité par notre classe politique. Et auquel, apparemment, personne n’y croit ou ne prend vraiment au sérieux. C’est devenu juste une forme superficielle  d’exigence morale ou du politiquement correct, à laquelle chacun, à la majorité comme  à l’opposition, doit se  soumettre. Verbalement. Pas plus.
C’était peut-être un pas vers la bonne direction. Un bon pas si tous les partenaires politiques réclament le dialogue dans leurs discours publics et condamnent le recours à la violence comme mode de solution aux  problèmes. ...Lire la suite

Maurichronique Imprimer Envoyer
Jeudi, 16 Août 2012 11:42

C’est fini, le ramadan. Nous aurons passé un mois de bonté, le jour, de bon thé, le soir. De bissap, des tas de jus, de toutes les couleurs et de toutes les humeurs, des foules d’ustensiles, de toutes les formes que nous ne verrons plus probablement avant la prochaine saison. Sinon, à l’occasion de mon mariage, mon mariage, à moi, si encore mon ex futur époux devait tenir ses mille et belles promesses qu’il m’a tenues, tout au long de ce mois béni, à travers le réseau social facebook.com. J’en verrais quelques couleurs, si le rendez-vous festif tient la route encore…
Je ne vais pas vous importuner longtemps de mes platitudes terrestres. Je vous épargnerais bien des vaines et futiles choses. Je ne vous dévoilerai pas le nombre de promesses faites, en mon honneur. Ni les dates, ni les  rendez-vous, tous merveilleux, qui m’ont été fixés. Je ne vous parlerai pas du véhicule qui m’aurait été réservé…Ni sa marque…Ni le standing de la maison où je logerais…Je ne vous dirais rien. Je vais devoir rester avare, discrète, surtout, pour que l’une des ces mille promesses se réalise. Pour que la rumeur ne soit pas emportée par les vents de sables mouvants…
Je vais vous dire une chose peut-être. Une chose pour que vous compreniez l’intérêt que je porte à tout cela. Ou, que je n’y porte, plausiblement, pas. Pour que, comme a dit le poète maure, celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende. Et, pour que, celui qui a des yeux pour voir, qu’il voie. Avant que tout cela ne redevienne poussière.
Mon intérêt, à moi, se limite à une quête de liberté. Tout simplement. Le mariage en est la clé. C’est pourquoi j’y tiens. C’est pourquoi je m’accroche à l’infime soupçon d’espoir qui se dessine entre les lignes d’un facebookeur. Je tiens à un nouveau statut qui va me libérer d’une famille au sein de laquelle je me sens de plus en plus de trop.
Je rêve exiger d’un homme, un autre homme, qui n’est pas mon père, ni mon frère,  des tas de choses, robes et garde-robes, voiles, chaussures, parfums, sacs, montres, téléphones et autres objets précieux pour la fête et pour toutes les fêtes qui viendront. J’aimerais, par exemple,  bien pouvoir taper, tard dans la nuit, la porte de la maison familiale, celle de mon père et de ma mère, pour récupérer mon sac rose que j’aurais feint oublier, dans un coin de la demeure, alors que je rentrais d’une soirée festive. Puis continuer mon chemin vers ma nouvelle maison. La liberté. Je me sens un peu de trop au sein de ma famille. Il est bien légitime, n’est-ce pas, de croire à des promesses même d’un pseudonyme, même d’un virtuel, qui pourrait  même s’avérer une fille, une autre moi-même, en quelque sorte.
Ce sera dans quelques jours, la fête. J’en ai marre d’attendre, je me sens amoindrie, à la veille de chaque fête, car je devrais attendre quelques largesses parentales.
Je m’impatiente déjà. J’aurais souhaité que quelque chose se concrétise, avant la fête qui arrive. J’ai même déjà commencé à lorgner du coté des bourses de voitures. Le soir, je me plais à traîner devant les bourses où des voitures rutilantes me font les yeux doux, des clins d’œil complices, ou presque. Puis, je fais le tour des magasins de modes féminines…Je marque de mon regard chaque article qui me séduit…
Je rentre chaque soir, chez moi, avec tout un territoire patrimonial. Je me faufile, je me cache, je rentre à travers la cuisine. Je fais renverser une tasse, je casse un verre, ou deux…Du bruit qui produit un écho, faisant le tour de la demeure, éclipsant, au passage, la voix du journaliste d’Al Jazeera qui criait, depuis les temps immémoriaux, de sa petite lucarne. Revient pour atterrir dans l’oreille de mon père.
- C’est qui ?
- Hmmmm
- Hmmm, c’est qui ?
- C’est moi.
- Mouna.
- Oui.
- Que fais-tu, à cette heure, en ce mois béni ?
- Je cherchais du Bissap, dans la cuisine.
- Elle ne finit, jamais, l’histoire de Bissap.
- Tu en veux un verre, papa ?
- Bien frais, sans trop de sucre.

Mouna Mint Ennas

 

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