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Editorial

Enfin, les choses commencent à s’éclaircir du côté du président Aziz. Il est, apparemment et à moins d’un retournement de dernière minute (ce qui n’est jamais exclu chez lui), décidé d’aller rapidement vers l’organisation des élections municipales et législatives. Tans pis, si les partis organisés au sein de la COD n’y participent pas. C’est ce qu’il a laissé entendre, en recevant les députés de son camp, dimanche dernier. Il semble qu’il les a convoqués pour les mettre en ordre de marche (au sens militaire) pour la préparation des échéances électorales en vue. ...Lire la suite

La révolution et les mots Imprimer Envoyer
Jeudi, 16 Août 2012 11:40

Il y a longtemps que la dictature des mots cache les choses. Il y a longtemps que les mots ensorcèlent les esprits  et emprisonnent les coeurs .Pourtant, je suis un amoureux des mots, je suis un amoureux des sonorités et des poésies .Mais je ne veux pas me laisser bâillonner par le verbe insensé,  celui qui, au fil du temps,  a perdu sa sève et son écorce. Un arbre mort et qui parait vivant! Quand j’étais jeune c’était déjà « révolution » qui me faisait rêver, je martelais avec des jeunes  du ô combien primaire « Mouvement National Démocratique » les slogans si bien ornementés  de la « Révolution Nationale Démocratique et Populaire », chaque mot avait sa poésie, et renvoyait à un rêve ; c’était le rêve que je cherchais à travers les mots, pas le peuple, pas l’égalité. Que faisait donc un jeune homme gâté,  d’une famille moyennement aisée  et bien assise sur ses préjugés,  avec la vraie égalité. Je rêvais de révolution et je regardais avec dédain les petits harratins du quartier. Mais c’était un temps où on pouvait rêver sans insulter personne, où la haine ne se cachait pas derrière les mots, et où surtout la destruction n’était pas au programme.
Aujourd’hui  le mot « révolution » reprend  virulence, il est prononcé à tout va, par les plus inattendues des voix, il n’a certes pas tout à fait perdu sa magie, mais il et devenu horrible parce qu’il traîne derrière lui des morts par milliers, mais aussi des Etats, des puissances, des milliards, des places boursières, des « think tank » et des éditoriaux des chaînes bien-pensantes.
Au début, il y avait des révolutions, de vraies et des douces, certes accompagnées de violences, de morts, les tunisiens et les égyptiens ont renvoyé des dictatures en   sortant dans les rues, c’était bien le « printemps », puis la Libye est venue et ce fut l’horreur, puis le Yémen, et enfin le comble, la Syrie. A mes yeux, rien ne peut justifier de telles folies même pas le départ d’un dictateur, à mes yeux  aucun mot , aucun foutu rêve ne peut justifier la mort d’un pays, les milliers de réfugiés, les enfants qui gisent sous les décombres, les militaires qui mitraillent la population et les faux révolutionnaires barbus qui mentent effrontément devant les caméras et qui ne sont pas plus doux que la soldatesque qu’ils combattent. Et tout cela pourquoi ? Pour la démocratie ? Les illuminés que l’on voit hurler sur les écrans  d’Al-Jazira sont tout, sauf des démocrates.
Mais le grand problème pour moi est celui de la contagion, parce que la  bêtise et la haine sont comme la lèpre, elles déforment tout le corps et contaminent tout à l’entour Et dans les accents du “Rahil” si puissamment martelé par une bonne partie de notre opposition, je décèle parfois des accents qui font peur. Il y a trop de déraison, trop de rejet, trop d’aveuglement dans ce slogan qui se veut révolutionnaire et qui ne se donne comme objectif que le seul «départ» «Rahil» c’est le refus affirmé de tout dialogue,de toute main tendue, c’est l’appel absurde à une confrontation absurde. On nus avait habitué à mieux.
A mes yeux, une révolution qui se respecte devrait respecter les gens, tout simplement. Pas appeler à la haine, ni stigmatiser une partie du peuple, ni détruire un pays. Aucune révolution ne saurait se construire sur le fanatisme, aucune révolution ne saurait déifier les mots. J’adore les mots, mais je les exècre aussi  quand ils transportent les guerres civiles et les haines.

 

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